Corps à corps avec l'Océan

Dancing Bodies of Water, projet de recherche-création multimédia

de Bénédicte Meillon (Université d'Angers)

 

Cette exposition multimédia repose sur un travail de photographie, d’écriture, et de vidéo-danse réalisé in situ et cherchant à mettre en lumière la chorégraphie multispécifique de l’Océan. Ce travail puise dans différents écosystèmes terraqués. Il se nourrit d’une variété d’imaginaires et de représentations, dont certains sont tirés d’entretiens conduits sur une période de deux ans en France et dans la région du Nord-ouest Pacifique, en Amérique du Nord. Des extraits de ces entretiens sont perlés au fil de la bande-sonore réalisée pour le film de vidéo-danse en même temps qu’ils ruissellent dans le texte « Staying Afloat », qui fait partie intégrante de cette exposition, et permettent ainsi de tresser différents types de discours exprimant nos rapports multiples avec l’Océan, certains relevant des savoirs scientifiques, d’autres traduisant des connaissances empiriques, et d’autres encore des représentations imaginaires ou poétiques. Notre travail tend de la sorte vers une approche kaléidoscopique et polyphonique de l’Océan, appréhendé d’une multiplicité de perspectives et tel un réservoir d’une myriade de formes de vie, de récits, et d’affects. En valorisant par des approches croisées certaines résonnances entre Arts et Sciences, notre projet de recherche-création explore des façons alternatives de pratiquer la médiation scientifique dans l’espoir de toucher un public plus large, en faisant notamment appel aux cordes sensibles qui nous relient à l’Océan et à nos origines aquatiques.

Réalisé sur une période de deux ans et demi, ce projet a été conçu et dirigé par Béné Meillon (Professeure des Université rattachée au 3 L.AM, Université d’Angers), spécialiste d’écopoétique et de littérature anglophone et directrice du programme de recherche Sea More Blue. Ce projet tentaculaire repose sur la participation de Clotilde Amprimoz, danseuse et réalisatrice professionnelle qui dirige l’association Choréactif, basé à Clermont-Ferrand ; Justine Dumay, Professeure des Universités à Nantes Université et membre pilier du programme de recherche Sea More Blue, spécialiste de biochimie marine et plus particulièrement des algues ; Guillaume Duron, Professeur de dance et d’activités sportives à l’Université d’Angers ; et enfin Caroline Granger, Docteure en études anglophones et qui enseigne l’anglais et histoire des arts dans le secondaire. La collecte de « perles » réalisée pour la bande-son du film et qui irrigue en partie le texte « Staying Afloat » a été permise grâce aux entretiens menés par : Clotilde Amprimoz ; Mascha Canaux, doctorante au 3 L.AM, à l’Université d’Angers, et au CEFREM, à l’Université de Perpignan, spécialiste des imaginaires de la jeunesse et qui développe une lecture écopoétique des vies planctoniques;  Béné Meillon ; et Lucie Véjux, étudiante en M2 du Master Humanités Environnementales de Nantes Université et stagiaire au sein de Sea More Blue durant l’année 2024-2025.

L’exposition multimédia Dancing Bodies of Water est adossée au programme de recherche interdisciplinaire Sea More Blue, basé à l’Université d’Angers, soutenu par la MSH Ange Guépin et la Région des Pays de la Loire et qui regroupe des collègues de multiples laboratoires autour de la question des perceptions, des représentations et des imaginaires aquatiques et océaniques. Dans sa conception, le projet Dancing Bodies of Water est ainsi irrigué par des courants de pensée et de recherche relevant d’une écopoétique bleue. Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), du 3 L.AM, à l’Université d’Angers, de la Structure Fédérative de Recherche Confluences et de la Parenthèse, toujours à l’Université d’Angers, ainsi que de la Fédération Recherche Energie & Environnement à l’Université de Perpignan Via Domitia et du Programme Prioritaire de Recherche “Océan & Climat.”

 

Bénédicte Meillon

Béné Meillon est Professeure des Universités en études anglophones et rattachée au 3 L.AM à l’Université d’Angers. Elle a dirigé les travaux d’OIKOS, l’atelier de recherche interdisciplinaire en Ecocritique & Ecopoétique du CRESEM, à l’UPVD, de 2015 à 2023. Elle est actuellement Présidente d’EASLCE (European Association for the Study of Literature, Culture, and the Environment) et a impulsé en France la constitution d’un réseau et d’une plateforme Internet dédiés à l’écopoétique et l’écocritique, où elle assure une veille scientifique dans le domaine (https://ecopoetique.hypotheses.org/). Elle dirige le programme de recherche Sea More Blue, consacré à une approche écopoétique bleue et interdisciplinaire des imaginaires, des représentations et ses perceptions aquatiques des mers et des océans, qui a obtenu le soutien de la MSH Ange Guépin et de la Région des Pays de la Loire, entre autres. Ses travaux se focalisent majoritairement sur des lectures néomatérialistes, écoféministes et écopoétiques d’auteur.rice.s d’Amérique du Nord, avec un intérêt particulier pour la réécriture de mythes, de légendes et de contes, pour le réalisme magique et le réalisme liminal, ainsi que pour des littératures néorégionalistes et influencées par des savoirs et des pratiques traditionnels. Elle a consacré une substantielle monographie à la question du réenchantement écopoétique du monde et du « réalisme liminal » : Ecopoetics of Reenchantment: Liminal Realism and Poetic Echoes of the Earth, Lexington Books, 2022. Elle participe en outre à des projets de recherche-création mobilisant des pratiques artistiques pour valoriser notre attachement et notre dépendance au monde plus qu’humain.